L’indice de consommation dans sa globalité


Photo: bizoo_n

Alors que la surveillance de l’indice de consommation dans les ateliers d’engraissement est une mesure plutôt fréquente, les élevages laitiers du monde entier ont mis plus de temps à l’adopter. Cette pratique semble désormais gagner du terrain, notamment depuis la récente disparition du système des quotas laitiers en vigueur en Europe depuis 31 ans, qui promet de laisser libre cours à une pression concurrentielle considérable au sein de l’industrie laitière.

Distribution de la matière sèche

L’ efficacité alimentaire est généralement calculée comme un rapport entre l’ingestion et la production. Dans l’industrie laitière, cet indice correspond à la production de lait par rapport à la consommation de matière sèche (CMS). Il est par conséquent préférable que cet indice soit élevé. En engraissement, c’est l’indice de consommation qui est utilisé : il s’agit de la consommation de matière sèche par rapport au gain moyen quotidien (CMS/GMQ) et dans ce cas, il est préférable que l’indice de consommation soit faible. Dans les deux situations, la distribution de la matière sèche est un facteur essentiel. Dans la plupart des élevages laitiers, la plus grande partie de la ration totale mélangée se compose de fourrages produits sur l’exploitation, le reste étant essentiellement constitué de concentrés achetés. La rentabilité liée à la transformation des fourrages en aliment ingéré est souvent ignorée.

Cependant, l’efficacité de la distribution de la matière sèche (par le biais de méthodes efficaces/inefficaces) peut être très différente d’un élevage à l’autre. La figure 1 illustre les pertes que subit une production initiale de 1 000 kg de matière sèche lors de la récolte et de la production de l’ensilage, avant que celui-ci puisse être ingéré par l’animal. Cet exemple suppose à la base une bonne gestion des sols, qui peut avoir un impact positif sur la production de fourrages. Globalement, un processus de récolte, de stockage et de distribution efficace de l’ensilage génère une perte de matière sèche de 10 %, alors que ce chiffre peut dépasser 50 % si le processus est inefficace, en raison du gaspillage et de la décomposition de l’ensilage. Une meilleure connaissance des différents types de pertes survenant à chaque étape permet d’établir certaines stratégies pour mieux conserver la matière sèche.


Figure 1. Deux scénarii reflétant les pertes totales de matière sèche.
Source: BIOMIN

Types de pertes de matière sèche

production de fourrage

pertes au champ

pertes liées aux fermentations

pertes liées au prélèvement

pertes liées à l'alimentation

Récolte

La récolte génère des pertes sur le terrain, comprises entre 3 et 10 %.

Fermentation

Des pertes liées à la fermentation ont toujours lieu lors de la conservation de l’ensilage et varient de 2 à plus de 10 %. En augmentant et en accélérant la production d’acide lactique qui diminue le pH, Biomin® BioStabil empêche le développement de micro-organismes de décomposition et permet ainsi d’améliorer la qualité de l’ensilage. Des études menées sur Biomin® BioStabil ont montré que son utilisation permettait une réduction des pertes de matière sèche pouvant atteindre 3 % (figure 2).


Figure 2. Biomin® BioStabil permet de réduire les pertes liées à la fermentation.
Source: BIOMIN

Prélèvement

Lorsque l’ensilage est exposé à l’oxygène, les levures et les moisissures peuvent devenir actives et générer des pertes liées au prélèvement pouvant atteindre 30 %. L’ensilage moisi est facilement identifiable avant d’être éliminé. Les levures consomment une grande quantité de précieux nutriments comme les sucres et l’acide lactique, diminuant ainsi la quantité de matière sèche et la valeur énergétique de l’ensilage.

Avec Biomin® BioStabil, le nombre de levures et de moisissures est 10 à 10 000 fois moins élevé (figure 3). Les différentes souches bactériennes hétéro-fermentaires contenues dans Biomin® BioStabil produisent de l’acide acétique et empêchent le développement des levures et des moisissures.


Figure 3. Biomin® BioStabil permet de réduire les pertes liées à la fermentation.
Source: BIOMIN

Le nombre de levures présentes dans l’ensilage n’est généralement pas mesuré au niveau de l’élevage ; par conséquent, l’augmentation de la température de l’ensilage constitue souvent le seul élément indiquant le développement de levures. La stabilité aérobie, c’est-à-dire la durée nécessaire pour que la température de l’ensilage dépasse de deux à trois degrés la température ambiante, est un bon moyen d’évaluer la qualité de l’ensilage après une exposition à l’air.

Plusieurs autres mesures peuvent contribuer à réduire les pertes liées au prélèvement, à savoir le maintien du stockage anaérobie, un compactage adéquat afin de limiter l’exposition à l’air, une vitesse d’avancement au silo élevée (permettant au front d’attaque du silo de ne pas être exposé à l’air trop longtemps), l’obtention du pourcentage optimal de matière sèche et l’utilisation de techniques de prélèvement adéquates.

Distribution

Une distribution adéquate de l’ensilage est nécessaire pour que l’animal soit bien nourri. Des pertes modérées surviennent au cours de cette étape. Les vaches en lactation doivent pouvoir accéder à la nourriture en permanence ; il est par conséquent normal de constater un taux de perte de 3 à 5 %.

Bénéfices pour l’animal

Une distribution efficace de la matière sèche, associée aux différentes étapes précitées, se solde par l’obtention d’une quantité de fourrage plus importante et d’un ensilage de meilleure qualité, plus appétent, dont la valeur énergétique et la teneur en protéines sont plus élevées. Il a ainsi été démontré que l’ajout d’un produit comme Biomin® BioStabil dans l’ensilage permettait d’augmenter l’indice de consommation des vaches laitières de 1 à 3 % (figure 5).


Figure 5. Augmentation de l’indice de consommation avec Biomin® BioStabil

Étude de cas néo-zélandais

En Nouvelle-Zélande, l’élevage laitier est souvent entièrement basé sur la mise au pâturage. Étant donné que la quantité d’aliment achetée est moindre, l’indice de consommation est généralement considéré comme la quantité de matière dans le lait (kg de matières grasses plus protéines) par hectare. Il est assez intéressant de constater qu’il s’agit là d’une vision globale du processus de distribution et de conversion de la matière sèche.

Conclusion

L’efficacité alimentaire constitue l’un des paramètres de la gestion des performances intestinales. En raison du développement de la concurrence dans l’industrie laitière, l’efficacité alimentaire va devenir un paramètre de plus en plus important. La définition habituellement utilisée se limite à la conversion de la matière sèche chez l’animal. L’adoption d’une approche générale tenant compte de toutes les étapes, de la production des fourrages à la conversion de la matière sèche, permet d’améliorer l’efficacité alimentaire de manière considérable, grâce à une réduction du gaspillage et à une augmentation du rendement avec à la clé, des bénéfices économiques et environnementaux.

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