Moins de Fusarium en Europe cette année? Pas nécessairement

FusariumLa contamination remarquablement forte en mycotoxines de Fusarium, déoxynivalénol et zéaralénone, de la récolte de maïs 2014, a entraîné une diminution de l'ingestion et de mauvaises performances des animaux d'élevage nourris avec un aliment contaminé. Dans l'ensemble, la mauvaise qualité du maïs - particulièrement en Europe Centrale et en Europe du Sud - a fait prendre conscience à l'industrie de l'importance du contrôle des toxines fongiques et de la gestion du risque mycotoxines.

Surveillance accrue de la récolte 2015

En Europe, plus de 200 échantillons de maïs ont été récoltés de Septembre à Novembre 2015 afin de rechercher les principales mycotoxines en terme de production agricole. Les résultats présentés ici, se concentrent sur la déoxynivalénol (DON), la zéaralénone (ZEN) et les fumonisines (FUM) en Europe centrale et en Europe du Sud - présentés respectivement dans les tableaux 1 et 2.

Tableau 1: Occurence de ZEN, DON et FUM dans des échantillons de maïs provenant d'Europe Centrale, récolte 2015

ZENDONFUM
Nombre d'échantillons testés6415682
% Ech positifs41%83%50%
Moyennes Ech positifs (ppb)56010141045
Contam. max (ppb)480668303850

Source : Rapport Mycotoxines de BIOMIN

Europe Centrale

En Europe centrale, la principale mycotoxine est encore la déoxynivalénol. Elle est présente dans 83% des échantillons testés, même si la concentration moyenne qui est de 1014 partie par milliard (ppb) est 66% plus faible qu'en 2014. Globalement, la présence de la zéaralénone diminue également. Cependant les fumonisines augmentent par rapport à 2014 puisqu'elles ont été détectées dans la moitié des échantillons testés à une concentration moyenne de 1045 ppb.

Tableau 2: Occurence de ZEN, DON et FUM dans des échantillons de maïs provenant d'Europe du Sud, récolte 2015

ZENDONFUM
Nombre d'échantillons testés737373
% Ech positifs25%55%95%
Moyennes Ech positifs (ppb)1399422320
Contam. max (ppb)9201918011010

Source : Rapport Mycotoxines de BIOMIN

Europe du Sud

En 2015, en Europe du Sud, les fumonisines ont atteint des records en étant présentes dans 95% des échantillons de maïs testés avec une concentration moyenne de 2320 ppb - ce qui est considérablement plus important qu'en 2014. Le déoxynivalénol reste un problème puisque 55% des échantillons testés sont contaminés avec une concentration moyenne de 942 ppb. La zéaralénone est présente dans un échantillon sur quatre. De plus, le niveau d'aflatoxines augmente également en Europe du Sud entre 2014 et 2015 avec 42% d'échantillons positifs et une concentration moyenne de 14 ppb. En Europe, les aflatoxines ont été détectées dans 21% des échantillons testés.

Changement climatique et mycotoxines

Dans un nouveau livre Climate Change and Mycotoxins, BIOMIN et le groupe ERBER interviennent au Chapitre 7 sur l'impact du changement climatique sur la production de mycotoxines. Il y examinent l'influence de conditions climatiques extrêmes sur les champignons et sur les mycotoxines. Une des conséquences de la hausse des températures causée par le changement climatique serait de favoriser le développement de Fusarium verticillioides, producteur de fumonisines, par rapport à d'autres espèces de Fusarium présentes sur le maïs. Comme le montrent les récentes données européennes, le risque de fumonisines, qui était limité à l'Europe du Sud ces dernières années, s'est propagé à l'Europe Centrale en 2015, obligeant les associations locales de l'Europe Centrale, comme en Suisse, à avertir leurs membres de la forte présence de fumonisines.

Les élevages menacés

Le risque de mycotoxines en élevage dépend de plusieurs variables, incluant l'espèce, l'âge des animaux, la santé et les conditions de l'exploitation - sans mentionner les types de mycotoxines présentes dans l'aliment. Comme il a été récemment dit, un faible niveau de contamination en mycotoxines peut avoir un impact négatif sur le tractus gastro-intestinal qui est la première ligne de défense des animaux pour le maintien de la santé et des performances.

Ces données, pour l'Europe Centrale et l'Europe du Sud, révèlent un fort risque pour les porcs (dû essentiellement aux fumonisines) et un risque plus faible mais non négligeable pour la volaille et les ruminants. Bien entendu, le contrôle de la contamination en mycotoxines de l'aliment et l'identification des espèces présentes sur l'exploitation sont essentiels pour la protection des animaux et le maintien d'une bonne production.

Pour plus d'information contactez :

Karin NAEHRER DI (FH)
Product Manager

BIOMIN Holding GmbH
Erber Campus 1
3131 Getzersdorf, Austria

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